jeudi 5 décembre 2013

[Mes écrits] Chapitre 1

Aujourd'hui, je vous retrouve pour vous partager quelque chose d'assez personnel. Depuis toujours, en plus d'aimer lire, j'aime également écrire... Néanmoins, je n'ai jamais été du genre à aller au bout des choses, et je n'ai jamais réussi à finir les histoires que j'ai pu commencer

Seulement, il y a quelque temps, je me suis relancée dans l'écriture... Et l'histoire qui a filée hors de mes doigts ce jour là m'a plu. Elle n'est qu'à peine débutée, mais l'inspiration ne manque pas pour la continuer. 

Chaque matin, je marche pendant une vingtaine de minute dans l'obscurité, à travers champs et bois. Et cet environnement réveil mon imaginaire, et m'immerge dans un univers fantastique étrange et sombre, que j'ai bien envie de continuer à explorer.

Afin d'avoir votre avis, j'ai décidé de vous partager la première version du premier chapitre de mon histoire... Ce n'est pas quelque chose d'évident, d'être soumis à la critique, néanmoins, je pense que c'est quelque chose d'essentiel pour progresser, alors voilà ! Je vous propose de passer directement aux choses sérieuses. En vous remerciant d'avance d'avoir pris le temps de me lire, et de me donner (éventuellement) votre avis.

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1.

   Le noir complet avait envahi la forêt depuis quelques heures et de l'arbre dans lequel je m'étais installée pour passer la nuit, la vue avait quelque chose de surnaturel. Devant moi s'étendait une clairière verdoyante. Au centre de celle-ci dormait un lac, comme déposé là par les deux mains gigantesques d'un Dieu quelque peu obsédé par la symétrie des choses. Je dis « dormais », parce qu'hors mis le reflet de la lune qui amenait un peu de vie à l'immense masse sombre, celle-ci était calme. Anormalement calme.
   D'habitude, je pouvais au moins entendre les bruissements d'ailes des oiseaux nocturnes lors de leur chasse... Mais cette nuit, rien. Comme si eux aussi s'étaient mis à craindre la Chose qui rampait au sol, semant derrière elle les cadavres des quelques malheureux qui n'auraient pas eu le temps de se cacher bien au fond d'un trou ou dans les airs, qu'ils soient animaux ou humains. Pour ma part, j'avais grandit avec elle, et beaucoup d'autres choses que mes parents qualifiaient d'étranges et de surnaturelles. Quelque part, je les enviais, parce qu'ils avaient connus le Monde d'Avant et la paix. Mon prénom est Nyree, et ce soir, ça fait désormais 19 ans que je ne connais pratiquement que la peur.
   Si j'avais vécu dans le même monde que mes parents, ce soir aurait été un soir de fête. Je serais sans doute sortie avec des amis, dans un de ces pubs irlandais que mon père m'avait décrit des centaines de fois, avec des épaisses chaises de chêne, recouvertes de coussins en velours rouge. J'aurais pu goûter de la bière fraîche, et assise confortablement, j'aurais écouté l'homme que j'aime raconter des histoires passionnantes à notre petit groupe, debout à côté de moi, avec une main sur mon épaule. Je serais rentrée chez moi au beau milieu de la nuit en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas qu'un de mes parents se réveil et découvre que j'étais bourrée comme la Pologne, et c'est le moment que ma mère aurait choisi pour allumer les lumières du salon dans lequel elle m'aurait attendu toute la soirée. Plus soulagée de me voir rentrer en un seul morceaux qu'en colère, elle m'aurait prise dans ses bras et embrassée sur le front, avant de m'aider à ôter mes bottes, monter les escaliers et à me mettre au lit. Mais au lieu de ça, je passais la nuit seule en haut d'un arbre, sans personne pour m'embrasser et fêter le jour de ma naissance, à contempler le reflet de la lune sur un lac dans un silence qui ne me disait rien de bon.
   Un grondement résonna dans mes oreilles. C'était mon estomac. J'avais faim. J'avais deux possibilités : soit j'ignorais ses requêtes sonores, quitte a mourir de faim, soit je prenais le risque de descendre de mon refuge pour trouver de quoi les calmer un peu. J'optais pour la deuxième option : quitte à accueillir la mort, je préférais que ça soit en essayant de survivre encore un peu, plutôt qu'en restant là, à attendre qu'elle frappe à mon tronc d'arbre.
   Je prenais quelques secondes pour tresser ma longue chevelure brune, remettre mon couchage, mes cordes et mes divers objets de survie dans mon sac à dos. Ensuite, je réajustais mon pantalon et tirait sur mon t-shirt. Un peu trop court, celui-ci avait la fâcheuse tendance à remonter et découvrir mon ventre, et quand on est aussi frileuse que moi, c'est très vite agaçant... Mais ça n'est pas comme si j'en avais d'autres plus à ma taille, ou comme si il me suffisait d'aller dans la boutique branchée la plus proche pour en acheter un nouveau. Ma mère m'avait parlé des centres commerciaux et de leurs nombreux magasins, remplis de vêtements de toutes les couleurs, formes et tailles possibles et imaginables. Quel rêve. Quand vous êtes habitués à porter des vêtements de récupérations, vieux de 20 ans, aux couleurs ternes, sans forme et usés parce qu'ils ont été portés par d'autres avant vous, ou des vêtements aux teintes naturelles, fabriqués mains grâce à un patron qui demande le moins de file possible, penser aux centres commerciaux, c'est comme penser à un « repas de Noël » alors que vous n'avez pas manger depuis des jours : du masochisme.
   Je grognais, puis passait mon sac sur mon dos, attrapait mon arc à flèche et attachait la corde de mon carquois à ma ceinture grâce à un mousquetons. J'étais prête à partir. Je jetais un coup d’œil vers le sol : il y avait du brouillard dans la forêt. Je ne verrais donc pas le danger arriver. Mais lui ne me verrais pas non plus. Cette idée avait quelque chose de rassurant.
   Je décidais de longer la clairière, tout en restant à l'abri des arbres. Si quelque chose ou quelqu'un devait me sauter dessus, il ne passerait certainement pas par là, il se rendrait beaucoup trop visible, je me sentais donc à moitié en sécurité avec la clairière sur ma droite : ça faisait un côté de moins à surveiller, et c'était non négligeable, les trois autres côtés restant demandaient assez de vigilance et d'attention comme ça.
   La proximité de nourriture et d'un point d'eau était un critère essentiel quand il s'agissait de choisir un endroit où passer la nuit. J'avais repéré un beau buisson de mûres sauvages plus tôt dans la soirée, à quelques centaines de mètres, passé la clairière. Je m'y rendais donc d'un pas décidé. Le silence m'oppressait quelque peu. J'avais hâte de retrouver la sécurité de mon arbre. D'autant plus qu'il me faudrait bientôt quitter celle du l'orée de la forêt pour m'y enfoncer plus profondément et pouvoir retrouver les mûres tant convoitées. J'avais le ventre doublement noué...
   J'arrivais à l'endroit où j'étais supposée quitter la lisière, quand un craquement de branche attira mon attention sur quelque chose, de l'autre côté du lac. Instinctivement, je me collais à l'arbre le plus proche et me baissais. Une ombre se déplaçait rapidement, elle fonçait droit vers ma cachette sommaire. Je dégainais mon arc, encochait une flèche et visait, prête à tirer.
   La chose qui surgit du brouillard, me surprit plus que si elle avait été n'importe quel monstre tueur, et ce pour une seule raison : c'était un être humain. C'était une jeune fille. Elle était petite, blonde, et courait très vite. J'ignorais la raison de sa course, mais, sans même prendre le temps d'y réfléchir, je décidais de lui venir en aide. Alors qu'elle passait à côté de moi, je lui attrapais fermement le bras pour arrêter sa course. Elle me dévisagea l'espace d'une seconde.

- Grimpe, maintenant ! Lui disais-je en désignant la branche la plus basse de l'arbre contre lequel je m'étais appuyée quelques instant plutôt.

- Je suis trop petite !

   Ses yeux étaient remplis de désespoir. Il fallait que j'agisse, et vite. Elle était la première humaine que je croisais depuis des semaines, depuis la mort de mes parents, et la disparitions de notre clan, depuis que ma vie avait basculé dans cette errance, à la recherche d'un lieu sûr où je pourrais me cacher. Je me sentais désespérément seule, et en cet instant, elle avait probablement autant besoin de moi que je n'avais besoin d'une présence, et donc d'elle. Je lui fis la courte échelle, pour l'aider à grimper. Une fois qu'elle fut en sécurité sur la branche, je m'y hissais à mon tour. Au sommet de l'arbre, nous reprenions enfin notre souffle. Je lui chuchotais :

- Qu'est ce que ...?

   Je m'interrompais. Des bruits de pas résonnait de l'autre côté de la clairière. Je plaquais ma main sur sa bouche : le danger approchait... Beaucoup trop rapidement.

6 commentaires:

myprettybooks a dit…

Wahou j'aime beaucoup ce chapitre, je trouve que tu poses vraiment bien l'intrigue mais aussi l'univers et tu nous donnes envie d'en savoir encore plus !! J'aime beaucoup le personnage principal, ce qu'elle a vécu, franchement c'est très très prometteur tout ça !!

Mathieu M a dit…

Coucou Sarah ^^
Je te disais que... j'aime beaucoup ce 1er chapitre. Tu en dévoiles assez tout en restant mystérieuse dans ce qu'il s'est passé ! On se pose des questions et c'est bien trouvé :)
Par contre (ce n'est que mon avis perso) je trouve qu'il y a des phrases assez longues qui cassent un peu le rythme :/
Mais sinon c'est vraiment bien :D

les lectures de Fann a dit…

continue !!!

Saefiel a dit…

Coucou !
Alors globalement je dirais que tu arrives bien à amener ton atmosphère, ça donne envie d'en savoir plus plus que tu gardes une bonne partie de mystère englobant ton personnage et ton univers. Je ne peux que t'encourager à continuer parce que ton idée me paraît alléchante ^_^
Sinon j'ai repéré quelques petites choses :
"Mon prénom est Nyree, et ce soir, ça fait désormais 19 ans que je ne connais pratiquement que la peur." le désormais fait une phrase un peu lourde je trouve...
"Mais ça n'est pas comme si j'en avais d'autres plus à ma taille" le ça est en fait un ce, "ce n'est pas" sinon tu tombes dans le familier.
"attrapait mon arc à flèche" Mon arc et mes flèches je trouve ça plus joli :)
Quelques phrases sont trop longues également et comme le dit Mathieu un peu plus haut, ça casse le rythme, mais à ce niveau je ne peux rien dire parce que j'ai une tendance proustienne moi aussi quand j'écris haha.
Voilà voilà, ce n'est que mon humble avis mais j'espère qu'il pourra t'aider :)
Continue surtout !

Systia a dit…

Bonsoir,

De mon côté, je n'aurais que des remarques de fille-pénible-qui-chipote-sur-l’orthographe :
- "qu'hors mis le reflet de la lune qui amenait un peu de vie à l'immense masse sombre, celle-ci était calme." → c'est "hormis"
- "pour ne pas qu'un de mes parents se réveil et découvre que j'étais bourrée comme la Pologne" → "se réveille" (et perso je dis plutôt "soûl comme un Polonais", mais comme ce genre d'expression subit des déviances régionales, voire familiales, je n'affirmerai pas que ta version est fausse :p)

Sinon, c'est bien, rien à dire :)
(et les phrases longues ne me gênent pas, perso)

Bon, maintenant : saura-t-on ce qu'est cette Chose ? Qu'es ce "danger" ? En est-ce vraiment un ?
Bah voui, 'veux savoir, moi, maintenant ^^.

Bonne continuation à ces deux demoiselles et bonne soirée à toi !

Bises

Sylvie Bar a dit…

Et ..., belle intrigue, on veut savoir la suite

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